Aneel Bhusri reprend immédiatement la présidence de Workday. Carl Eschenbach, PDG depuis décembre 2022, cède sa place mais devient conseiller stratégique. Ce changement intervient alors que l’éditeur d’entreprise redéfinit ses priorités autour de l’IA générative — une transformation que Bhusri juge plus radicale que l’émergence du SaaS.
- Aneel Bhusri reprend la présidence de Workday pour diriger la transformation IA
- Carl Eschenbach quitte volontairement son poste de PDG et devient conseiller stratégique
- Bhusri considère l’IA générative comme une transformation plus grande que l’émergence du SaaS
- Workday se positionne comme une plateforme d’IA d’entreprise face à SAP, Oracle et Microsoft
- L’entreprise réaffirme ses prévisions financières pour 2026 sans révision majeure
Le cofondateur aux commandes, par nécessité stratégique
Aneel Bhusri n’a jamais vraiment quitté Workday. Cofondateur en 2009 aux côtés de Dave Duffield, il a dirigé l’entreprise depuis ses origines. En février 2024, il avait cédé le titre de PDG à Carl Eschenbach tout en conservant la présidence exécutive, une position de leadership stratégique sans responsabilité opérationnelle directe.
Son retour à la présidence place désormais la vision long terme au cœur de la structure. Bhusri justifie cette décision sans détour :
« L’IA est une transformation plus grande que le SaaS — et elle définira la prochaine génération de leaders du marché. »
Ce diagnostic porte un signal net : la mutation en cours exige une présence cofondatrice, pas une gestion de transition.
Trois années pleines pour Eschenbach
Carl Eschenbach a solidifié les fondations. Entre décembre 2022 et février 2026, il a poursuivi l’expansion mondiale, renforcé la discipline opérationnelle et adapté la structure aux réalités du marché. En février 2025, il a orchestré une réduction de 1 750 emplois, soit 8,5 % de l’effectif.
Cette réduction n’était pas une correction d’urgence, mais une recalibration intentionnelle justifiée par la nécessité d’une approche nouvelle du travail à l’ère de l’IA. Workday elle-même reconnaît que le travail d’Eschenbach a « positionné l’entreprise pour ce qui vient ». Son départ demeure volontaire et intervient avec une clarté rare : un changement planifié, pas une rupture. Il continuera à conseiller Bhusri.
L'IA générative redessine le secteur
Le retour de Bhusri coïncide avec une accélération dans les logiciels d’entreprise. SAP déploie des copilots IA intégrés, Oracle mise sur des agents intelligents autonomes, Microsoft pousse ses intégrations IA natives. Workday se positionne comme une « plateforme d’IA d’entreprise » capable de gérer ressources humaines, finance et agents IA dans un même écosystème.
À ce stade, aucune nouvelle fonctionnalité spécifique n’a été annoncée. Le changement de direction lui-même constitue le signal stratégique : quand un cofondateur reprend après 15 ans pour diriger la transformation IA, c’est que le virage est existentiel.
Bhusri travaillera aux côtés des deux présidents existants, Gerrit Kazmaier et Rob Enslin, garantissant une continuité de leadership.
Solidité financière et absence de révision
Workday a réaffirmé ses prévisions financières pour l’exercice 2026, exception faite d’un ajustement technique sur la marge d’exploitation GAAP en février 2026. Cette stabilité, l’absence de révision de chiffre d’affaires ou de prévisions de croissance, suggère que le changement de direction ne cache aucune déception commerciale.
L’entreprise reste solidement implantée : 11 000 organisations clientes, 65 % des Fortune 500 parmi eux. La position commerciale demeure forte, mais sous une pression croissante d’une concurrence qui s’accélère sur l’IA.
Ce que ce changement signifie
Le retour de Bhusri n’est pas une anomalie organisationnelle. C’est une décision délibérée du conseil de confier la stratégie IA à celui qui a fondé l’entreprise et qui perçoit clairement le changement de paradigme.
Quand une scale-up devient géante, le cofondateur retrouve souvent un rôle réduit. Quand la technologie elle-même mute profondément, il redevient central. Bhusri incarne cette dualité : leader visionnaire, pas gestionnaire de transition.
Sa présence à la tête signale que les 18 prochains mois seront définis par les décisions produit et stratégiques, non par les optimisations de coûts.
FAQ
Pourquoi Workday ramène-t-elle son cofondateur à la tête ?
Aneel Bhusri reprend le rôle de PDG pour piloter la transformation de l’entreprise autour de l’IA générative, qu’il considère comme plus radicale que l’émergence du SaaS.
Qu'a accompli Carl Eschenbach en tant que PDG de Workday ?
Eschenbach a renforcé la discipline opérationnelle, poursuivi l’expansion mondiale et orchestré une restructuration de 8,5 % des effectifs en février 2025 pour adapter l’entreprise à l’ère de l’IA.
Que devient Carl Eschenbach après son départ ?
Eschenbach conserve un rôle de conseiller stratégique auprès de Bhusri et quitte volontairement son poste.
Comment Workday se positionne face à la concurrence sur l'IA ?
L’entreprise se définit comme une « plateforme d’IA d’entreprise » capable de gérer RH, finance et agents IA, face à des concurrents comme SAP, Oracle et Microsoft.
La situation financière de Workday est-elle affectée ?
Non, Workday a réaffirmé ses prévisions financières pour 2026 sans révision majeure, signalant une stabilité malgré le changement de direction.
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