Le 21 janvier 2026, la Commission des affaires étrangères de la Chambre vote massivement en faveur de l’AI Overwatch Act, redonnant au Congrès l’autorité de réviser les exportations de puces IA avancées vers la Chine et autres pays adversaires. Une réaction directe aux autorisations Trump de décembre 2025.
- Vote du comité avec un score de 42 contre 2 et 1 abstention, reflétant un consensus bipartite rare
- Le projet établit un processus d’examen de 30 jours avant toute exportation de puces IA avancées vers des pays adversaires
- L’administration Trump a autorisé Nvidia à exporter ses puces H200 vers la Chine en décembre 2025, déclencheur du projet de loi
- Le texte élargit le blocage aux puces Blackwell de Nvidia, la génération suivante
- Le projet doit passer au vote en séance plénière de la Chambre, puis au Sénat
Un rare consensus bipartite
La Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants vote le 21 janvier 2026 en faveur de l’AI Overwatch Act avec un score de 42 contre 2 et 1 abstention. Ce résultat traduit un consensus inhabituellement large : le texte rassemble des figures républicaines clés — Brian Mast (R-Floride), président de la commission, John Moolenaar, président du Comité spécial sur la Chine, et Rick Crawford, président de la Commission du renseignement.
Seuls Andy Barr (R-Kentucky) et Rich McCormick (R-Géorgie) se sont ouvertement opposés. Darrell Issa (R-Californie) vote « présent », exprimant des réserves sur le rôle du Congrès en tant que régulateur direct.
Gregory Meeks, démocrate de plus haut rang à la commission, soutient l’avancée du texte. Bien que critique sur certains aspects — il aurait souhaité une interdiction directe des H200 — il reconnaît que le projet « met néanmoins en place des garde-fous robustes qui ralentiraient ces ventes et permettraient l’examen et la surveillance du Congrès à l’avenir ».
L'auteur du conflit : la décision Trump de décembre
L’AI Overwatch Act émerge à un moment charnière. En décembre 2025, l’administration Trump autorise Nvidia à exporter ses puces H200 hautement performantes vers la Chine, une décision que Mast et ses alliés considèrent comme incompatible avec la sécurité nationale américaine.
Lors du vote du comité, Mast énonce l’enjeu sans détour :
« Si nous ne parlions que de jeux de guerre sur Xbox, alors Jensen Huang [PDG de Nvidia] pourrait vendre autant de puces qu’il le souhaite. Mais cela ne concerne pas des enfants jouant à Halo sur leur télévision. Cela concerne l’avenir de la guerre militaire. »
La version finale du projet, adoptée le 21 janvier, élargit même le blocage aux puces Blackwell de Nvidia, la génération suivante de processeurs IA.
Mécanisme de révision : 30 jours et deux commissions
Le projet établit un processus structuré impliquant deux acteurs clés :
- Commission des affaires étrangères de la Chambre
- Commission bancaire du Sénat
Phase 1 — Notification
Chaque demande d’exportation de puces IA avancées vers des pays qualifiés de « préoccupants » (Chine, Russie, Iran, etc.) est adressée aux deux commissions.
Phase 2 — Examen
Durant 30 jours, soit la Chambre, soit le Sénat peut adopter une résolution conjointe pour bloquer la vente.
Phase 3 — Codification
Le texte institutionnalise les garde-fous technologiques récemment adoptés par le département du Commerce, empêchant que de futures décisions présidentielles n’annulent ces restrictions.
Ce modèle s’inspire directement du cadre de contrôle congressionnel des ventes d’armes à l’étranger, une pratique établie depuis des décennies.
Résistance en ligne et résilience législative
Avant le scrutin du comité, le projet essaie une campagne de pression coordonnée sur les réseaux sociaux. David Sacks, conseiller de la Maison-Blanche pour l’IA et les cryptomonnaies, soutient des messages présentant le projet comme orchestré par des opposants à Trump pour affaiblir l’autorité présidentielle. Laura Loomer, militante d’extrême-droite influente, se joint aux critiques.
Ces attaques n’arrêtent pas le vote. Warren Davidson (R-Ohio), collègue de Mast, accuse les influenceurs de propager « des mensonges massifs et des demi-vérités » pour « saborder cette législation ».
Un soutien externe notable : Daan Struyven, PDG d’Anthropic, valide la logique du projet lors du Forum économique mondial à Davos. « Ce serait une grosse erreur de vendre ces puces, affirme-t-il. C’est un peu comme vendre des armes nucléaires à la Corée du Nord. »
Prochaines étapes : le vote en séance plénière et au Sénat
Le vote du comité n’ouvre que le processus législatif. Le projet doit franchir le vote en séance plénière de la Chambre, étape non encore conclue.
À la Chambre
Le soutien bipartite du comité est un indicateur favorable, mais rien n’est garanti. L’administration Trump n’a pas pris position officiellement et pourrait chercher à bloquer la mesure, en négocier les termes ou l’accepter comme formalité de sécurité nationale.
Au Sénat
Le projet affronterait potentiellement une majorité moins disposée à limiter les prérogatives présidentielles en matière d’exportation technologique. La Commission bancaire, appelée à se prononcer, est généralement plus intransigeante sur la Chine que d’autres organes — un facteur qui pourrait jouer en faveur de l’adoption.
Portée stratégique : redéfinir le contrôle technologique
L’AI Overwatch Act symbolise un tournant : le Congrès américain n’abandonne pas passivement l’autorité technologique au pouvoir exécutif.
Reconnaissance d'une nouvelle catégorie
Le projet affirme que les puces IA ne sont pas des biens commerciaux ordinaires, mais des technologies de guerre stratégique.
Fracture interne
Le débat révèle un clivage entre les pragmatistes du commerce, favorables aux exportations massives, et les faucons de la sécurité, jugeant cette technologie comme une menace stratégique irréversible.
Précédent international
Son adoption modifierrait durablement le processus américain — un développement que les alliés démocratiques observeront attentivement.
Le Congrès tente de tracer une ligne. La question n’est plus si le contrôle technologique doit revenir à Washington, mais comment il sera exercé.
FAQ
Qu'est-ce que l'AI Overwatch Act ?
Un projet de loi adopté par la Commission des affaires étrangères de la Chambre (42-2-1) qui établit un processus d’examen de 30 jours avant toute exportation de puces IA avancées vers des pays adversaires (Chine, Russie, Iran).
Pourquoi le Congrès resserre-t-il le contrôle ?
L’administration Trump a autorisé Nvidia à exporter ses puces H200 vers la Chine en décembre 2025 — une décision jugée contraire à la sécurité nationale américaine par les législateurs.
Comment fonctionne le mécanisme de révision ?
Chaque demande d’exportation de puces IA notifie la Commission des affaires étrangères et la Commission bancaire du Sénat pendant 30 jours. Soit la Chambre, soit le Sénat peut alors adopter une résolution pour bloquer la vente.
Y a-t-il un consensus bipartite ?
Oui. Malgré quelques oppositions (2 votes contre, 1 abstention), le soutien inclut des figures républicaines majeures (Mast, Moolenaar, Crawford) et le soutien du démocrate de haut rang Gregory Meeks.
Quelles sont les prochaines étapes ?
Le projet doit passer au vote en séance plénière de la Chambre, puis au Sénat. Son adoption modifierait durablement le processus américain d’exportation de technologies critiques.
Sources
- https://www.reuters.com/legal/litigation/us-house-panel-vote-bill-give-congress-authority-over-ai-chip-exports-2026-01-21/
- https://thehill.com/policy/technology/5699863-congress-ai-overwatch-act-chips-export/
- https://foreignaffairs.house.gov/news/press-releases/chairman-mast-hfac-advances-ai-overwatch-act
- https://www.congress.gov/bill/119th-congress/house-bill/6875/text
- https://chinaselectcommittee.house.gov/media/press-releases/house-committee-passes-legislation-protecting-american-technology
- https://w.media/the-house-foreign-affairs-committee-advances-the-ai-overwatch-act/?utm_source=chatgpt.com
- https://www.axios.com/2026/01/16/maga-brian-mast-ai-chips
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