Chine : 543 GW d’électricité en 2025, avantage décisif dans la course à l’IA

La Chine a ajouté 543 gigawatts de capacité électrique en 2025, dépassant la totalité des installations historiques des États-Unis. Cet avantage énergétique devient l’enjeu central de la compétition mondiale pour la domination en intelligence artificielle, alertent les dirigeants de la tech.

L'électricité remplace les puces comme facteur décisif

Pendant des années, les semi-conducteurs incarnaient le goulot d’étranglement de la course à l’IA. Le paradigme s’inverse : les puces restent critiques, mais c’est l’électricité qui crée désormais le différentiel compétitif.

Elon Musk l’a formulé clairement en janvier 2026. Lors de ses interventions au Forum économique mondial et en podcast, il a estimé que la Chine pourrait atteindre environ trois fois la production électrique des États-Unis d’ici 2026–2027, créant les conditions pour un déploiement à grande échelle des centres de données énergivores que requièrent les modèles d’IA les plus puissants.

Jensen Huang, PDG de Nvidia, a tenu un diagnostic similaire en novembre 2025. Dans une première déclaration remarquée, il a affirmé que « la Chine va gagner la race à l’IA », pointant les coûts énergétiques inférieurs et un cadre réglementaire plus favorable. Quelques heures plus tard, il a nuancé son propos, appelant les États-Unis à « accélérer » pour ne pas se laisser distancer.

Ces avertissements trouvent un point d’appui factuel dans les données chinoises de 2025.

Le portefeuille énergétique chinois : solaire moteur, nucléaire en monté en charge

Les 543 gigawatts ajoutés en 2025 proviennent de sources diversifiées. Le solaire en constitue le socle : 277 gigawatts installés en 2024 seul. En fin 2025, la Chine cumulait plus de 1 200 gigawatts de capacité solaire, aux côtés de 640 gigawatts éoliens, portant la base renouvelable au-delà de 1 800 gigawatts.

Le charbon demeure néanmoins la colonne vertébrale du réseau : environ 60 % de la génération électrique effective lui revient, malgré une part de capacité installée inférieure.

Parallèlement, Pékin consolide son arsenal nucléaire. La Chine exploite 59 centrales nucléaires actives, avec 28 ou plus en construction. Son ambition affichée : atteindre 200 gigawatts de capacité nucléaire d’ici 2035, soit 6 à 8 réacteurs supplémentaires par année. Cette énergie de base stable offre une fondation fiable pour les data centers, quand le solaire fluctue selon les cycles diurnes.

Data centers : accélération simultanée

L’investissement dans les centres de données suit la même trajectoire. Selon Goldman Sachs, la capacité électrique destinée aux data centers chinois a bondi de 30 % en 2025, atteignant 30 gigawatts. Ce chiffre résulte d’un engagement massif : les fournisseurs d’IA chinois devraient investir 70 milliards de dollars dans l’expansion domestique et internationale de ces infrastructures.

Mettre 30 gigawatts en perspective : c’est la puissance continue nécessaire pour alimenter un parc de data centers géants, reflétant l’urgence avec laquelle Pékin prépare l’infrastructure pour l’entraînement et le déploiement de modèles d’IA à l’échelle continentale.

L'infléchissement tarifaire de 2026 : réajustement plutôt que rupture

Un bémol tempère cette trajectoire. En 2025, la Chine a introduit des mécanismes de marché dans la tarification de l’électricité, modifiant les économies de la construction solaire.

Les installations solaires attendues en 2026 sont révisées à la baisse : selon l’Association chinoise de l’industrie photovoltaïque, elles devraient atteindre 180–240 gigawatts en 2026, contre environ 300 gigawatts en 2025. Il s’agit d’une réduction de 30 à 40 %, non d’un effondrement, due à la transition vers un modèle moins subventionné. Cette tendance marque le passage d’une expansion débridée à une croissance plus calibrée et axée sur le marché. Reste à vérifier si ce rythme ralenti suffira à soutenir les ambitions d’IA long terme.

Les implications géopolitiques pour l'Occident

Le déficit énergétique américain crée un point de friction stratégique. Selon Morgan Stanley, le réseau électrique américain affrontera un manque de 44 gigawatts entre 2025 et 2028 pour soutenir le déploiement de data centers.

Les avertissements de Musk et Huang visent explicitement à forcer la main politique. Ils rappellent aux décideurs américains que l’avantage technologique en puces et modèles ne suffira pas si l’infrastructure énergétique ne suit pas. Pourtant, aucune grande politique énergétique fédérale dédiée à l’IA n’a encore été adoptée aux États-Unis. Le débat reste largement diagnostique.

L'infrastructure énergétique comme arme stratégique

Ce qui émerge des données 2025 et des projections 2026, c’est un portrait de la Chine capitalisant sur son avantage structurel : un écosystème de production énergétique massif, coordonné par l’État, capable de basculer des gigawatts vers les secteurs jugés prioritaires.

Que la Chine atteigne réellement le triple de la production électrique américaine d’ici fin 2026, comme Musk l’estime, reste à confirmer. Mais la tendance est indéniable : Pékin construit l’infrastructure énergétique dédiée à l’IA, tandis que les rivaux occidentaux gèrent des contraintes de grille en temps réel. Ce n’est pas une victoire décidée, mais plutôt la construction des fondations qui pourraient la permettre.

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