L’agentic engineering remplace le vibe-coding selon Andrej Karpathy

Andrej Karpathy, cofondateur d’OpenAI, annonce le passage du vibe-coding à l’agentic engineering. Sous ce nouveau modèle, les agents IA deviennent autonomes tandis que les développeurs basculent d’exécutants à superviseurs. Une redéfinition majeure du rôle technique, soutenue par des investissements considérables.

  • L’agentic engineering place les agents IA au cœur de l’exécution, tandis que les humains supervisent
  • Le vibe-coding conserve le développeur aux commandes via des prompts itératifs
  • Les investissements massifs (Lovable : 6,6 Md$, Cursor : 29,3 Md$) suggèrent une transition en cours dès 2026
  • Les développeurs deviennent des ingénieurs système cognitif, responsables de la conception architecturale et de la supervision
  • Cursor et Lovable intègrent des capacités agent autonomes mais restent en mode hybride

Du pilote au superviseur

À peine consacré mot de l’année par Collins Dictionary, le vibe-coding trouve déjà son successeur. Andrej Karpathy, qui a popularisé le terme il y a un an, propose une évolution : l’agentic engineering. Cette transition redéfinit le rôle du développeur face à l’IA.

Vibe-coding et agentic engineering incarnent deux modèles opposés.

Le vibe-coding maintient l’humain aux commandes. Il décrit ce qu’il souhaite à l’IA via des prompts, l’IA génère le code, il affine et itère. C’est un équilibre continu entre intention et exécution.

L’agentic engineering inverse la dynamique. Les agents IA deviennent exécutants autonomes, capables de concevoir, écrire et améliorer le code sans intervention constante. Les humains passent de pilotes à architectes et superviseurs.

Karpathy formule la distinction : « L’agentic, c’est reconnaître que vous n’écrivez plus le code directement 99 % du temps. Vous orchestrez des agents qui le font et assurez la supervision. »

La différence essentielle tient à la cadence de direction. Le vibe-coding suppose une gouvernance granulaire et continue ; l’agentic engineering suppose une orchestration par objectifs et une supervision des risques.

Le marché valide la transition

Cette annonce, en février 2026, survient exactement un an après le lancement du vibe-coding. Un délai microscopique à l’échelle technologique, révélateur de l’accélération.

Les investissements massifs confirment une conviction solide :

  • Lovable (startup suédoise) : 330 millions de dollars levés en décembre 2025 à 6,6 milliards de valorisation.
  • Cursor (éditeur IA autour de Claude Code) : 29,3 milliards de valorisation en novembre 2025 après une levée de 2,3 milliards.

Ces chiffres signalent que l’infrastructure de programmation IA connaît un basculement. Cependant, Karpathy lui-même exprime le vertige. « Je n’ai jamais senti que j’étais autant à la traîne en tant que programmeur », a-t-il écrit fin décembre. L’inventeur du paradigme peine à suivre son propre sillage.

Une transition en cours, pas achevée

Cursor avec Claude Code, Lovable et autres plateformes commencent à intégrer des capacités d’agents plus autonomes. Aucun n’a officiellement annoncé un pivot complet vers un modèle « full-agentic ».

Les outils demeurent largement hybrides : le vibe-coding domine avec des îlots d’autonomie agent. Cette évolution s’amorce plutôt qu’elle ne s’achève.

La cible change. Lovable et Cursor ne s’adressent plus aux développeurs hobbyistes seuls. Elles visent les CTOs, directeurs techniques et équipes d’entreprise. Si l’agentic engineering se concrétise, ce n’est pas un ajustement cosmétique : c’est la gouvernance du développement logiciel qui doit être repensée.

Comment le métier se transforme

L’adoption de l’agentic engineering impose une mutation profonde.

Ancien modèle (vibe-coding) :
Frappe intensive au clavier, débogage ligne par ligne, maîtrise des langages de programmation comme compétence pivot.

Nouveau modèle (agentic engineering) :
Conception architecturale d’agents, définition de garde-fous et stratégies de supervision, détection des dérives, arbitrage entre voies d’exécution. La compétence pivot devient la capacité à spécifier des objectifs clairs et à superviser l’autonomie.

Le métier ne disparaît pas, il se transforme. Le développeur devient ingénieur de système cognitif — une expertise réputée bien plus complexe que la programmation traditionnelle.

Une vision, pas une certitude

L’agentic engineering reste la proposition de Karpathy, appuyée par une logique technique cohérente mais non encore validée à l’échelle industrielle.

Le marché peut suivre plusieurs trajectoires :

  1. Adoption rapide — bascule vers l’agentic en 2026
  2. Transition progressive — coexistence du vibe-coding et de l’agentic
  3. Fragmentation — certains outils pivotent quand d’autres restent ancrés

Ce qui est sûr : le marché IA refuse la stabilité. À peine établi, le vibe-coding est requalifié en étape transitoire.

Pour les équipes techniques, l’enjeu cesse d’être la maîtrise d’un paradigme unique. Il devient la capacité d’adaptation continue.

FAQ

Qu'est-ce que l'agentic engineering et comment diffère-t-il du vibe-coding ?

L’agentic engineering place les agents IA au cœur de l’exécution, tandis que les humains supervisent. Le vibe-coding conserve le développeur aux commandes via des prompts itératifs.

Quand le basculement vers l'agentic engineering devrait-il survenir ?

Aucune date officielle, mais les investissements massifs (Lovable : 6,6 Md$, Cursor : 29,3 Md$) suggèrent une transition en cours dès 2026, sans pivot total immédiat.

Le métier de développeur disparaîtra-t-il avec l'agentic engineering ?

Non : le métier se transforme. Les développeurs deviennent des ingénieurs système cognitif, responsables de la conception architecturale, de la supervision et de l’arbitrage entre exécutions agent.

Quels outils adoptent déjà des capacités agentic ?

Cursor (Claude Code), Lovable et d’autres intègrent des capacités agent autonomes, mais restent pour l’instant en mode hybride (vibe-coding dominant avec îlots agentic).

Andrej Karpathy suit-il vraiment sa propre innovation ?

Paradoxalement, Karpathy a déclaré n’avoir « jamais senti être autant à la traîne » que programmeur, illustrant l’accélération vertigineuse du marché.

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